Bienvenue

Bienvenue à toi, ami visiteur !


Si tu as une certaine culture BD, tu pourrais te méprendre, ceci n'est pas un blog sur Gotlieb, même si je lui ai un peu chipé le jeu de mot (soit, mais il doit pas orthographier rubrikabrak comme ça).

Bon, évitons les blablas un peu ennuyeux pour en venir à l'essentiel : ici tu trouveras mes créations en vrac. Je reste assez flou parce que j'aime bien toucher un peu à tout. En ce moment je me mets particulièrement à l'écriture.

Sinon, comme je suis informaticien et que ça me plaît bien, tu pourras aussi trouver des petits programmes et des jeux.

Bon, si tu as lu jusque là, tu veux peut-être en savoir plus...

Le but premier de ce blog est de partager ce que je fais ; ça sert à rien de créer si personne ne regarde, comme l'a certainement déjà dit quelqu'un d'éclairé.

Ce que j'attend de toi ? Hé bien, ton avis m'intéresse ! Critiques positives ou négatives (mais constructives), n'hésite pas.

Bonne visite :)
Mercredi 9 juillet 2008 3 09 /07 /Juil /2008 22:25
Oulah, un an et demi que je n'ai pas écrit ! Pire, un an et demi que je n'ai rien créé... va falloir que je me remotive ! J'ai eu pas mal d'idées, mais pas encore l'énergie de les réaliser. Je viens juste de terminer de fabriquer un trébuchet.

En surfant sur Internet, je suis tombé sur un magasin en ligne d'engins de sièges en bois à monter soi-même. J'ai toujours été fasciné par les engins à propulsion mécanique. Quand j'étais ado, j'adorais jouer à Donjon & Catapultes avec mon frangin (pour ceux que ça intéresse, il a été remplacé aujourd'hui par battleground). Ayant malencontrueusement cassé les engins de siège, je les avais reconstruit avec du bois de pinces à linges et de bâtonnets à glace (ça marchait bien, sisi ! Même que ça avait de la gueule.). Bref, quand j'ai été sur ce site, ça a fait 'tilt'. Je me suis donc permis la petite folie de m'en acheter un : http://www.catapultkits.com/10421.



Je vous propose donc aujourd'hui de construire votre propre trébuchet de bureau  ! Une condition toutefois préliminaire : bien comprendre l'anglais (le manuel n'existe pas en français). Voici les caractéristiques de l'engin :
  • Dimensions : 22x26 cm sur 55cm de hauteur
  • Portée : 6 mètres (4 d'après mes tests, mais il faut que j'affine les réglages)
  • Déclenchement : manuel ou avec déclencheur
  • Temps de construction : sans compter les périodes de séchage, environ 5h.
  • Temps de réglage : 1 heure
  • Prix : 38 euros (35$ le kit + 25$ de frais de ports, c'est aux USA)



Contenu du kit :
  • planche de bois avec les pièces à détacher,
  • 2 baguettes
  • ficelle qui fait rustique
  • déclencheur (2 petites pièce en bois à assembler)
  • 3 boulets
  • un manuel

Outils requis :
  • Colle à bois à prise rapide
  • Papier de verre
  • Ciseaux
  • Couteau
  • Lime plate
  • Lime allongée
  • Scotch ou serre-joints (infiniment mieux !)
Conseils :
  • Détacher les pièces sans les abîmer et les limer est une opération fastidieuse (compter 1h30 - 2h), mais nécessaire. Cela ne demande aucune réflexion, devant un bon film ça passe tout seul.
  • Utilisez des serre-joints (au moins 2, je vous recommande 8 pour aller plus vite) pour une construction solide et précise.
  • Lisez rapidement le manuel avant de commencer : cela vous permettra d'optimiser votre temps et d'éviter des erreurs. La construction n'est en effet pas linéaire, on peut faire plusieurs choses en même temps, ce qui permet d'éviter d'attendre les temps de séchage.
  • Préférez les limes à fer aux limes à bois : elles ont un effet plus doux qui permet même de se passer du papier de verre.












Critique :


Trois semaines à attendre mon colis, j'étais tellement enthousiaste que quand je l'ai reçu, j'ai été déçu par la taille et le poids de ce dernier. Quoi ? Une simple planche prédécoupée avec deux baguettes et de la ficelle ? Je ne sais pas à quoi je m'attendais, mais la première impression n'était heureusement pas la bonne : il est très bien, ce trébuchet ! Bon, apparemment j'ai pas encore réussi à le régler au mieux de ses capacités, 4 mètres c'est pas mal, mais 6 ça serait quand même mieux ! Je suis quand même un peu dubitatif : le manuel indique de faire des noeuds si le boulet part trop haut. Or, moi, il part trop bas ! En toute logique, il faudrait que j'augmente la longueur de la ficelle, mais le boulet est déjà au taquet sur la rampe de lancement et j'ai pu constater qu'il ne fallait surtout pas laisser de mou.
Par Gebus - Publié dans : Bricolage
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Jeudi 25 janvier 2007 4 25 /01 /Jan /2007 08:34
Pour valider ma formation, j'ai effectué un stage de 5 mois en Malaisie, courant 2006. Afin de donner des nouvelles à la famille et aux amis, mais aussi pour faire partager cette expérience vraiment sympa sur Internet, j'ai écrit au jour le jour puis semaine par semaine un véritable petit carnet de bord, illustré par des photos.

Par Gebus - Publié dans : Site web
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Dimanche 21 janvier 2007 7 21 /01 /Jan /2007 13:18
Voici le fruit d'un petit jeu entre Séb et moi. Nous nous sommes livrés un duel sans merci. Dos à dos, nous nous sommes éloignés environ de 150 km et soudain nous avons dégainé nos plumes. J'ai lancé le thème, il a riposté en écrivant le dernier paragraphe. Ce à quoi j'ai répondu par le premier paragraphe, et lui par le second, etc. Le combat fut rude et il dura vingt jours et vingt nuits. Cependant, il s'agissait d'un essai. Nous avons dû nous livrer à l'évidence : au bout d'un moment, chacun tire le récit selon ses idées et le résultat, s'il est original, n'est pas des plus harmonieux. Après nous être concertés, nous avons déclaré que le duel allait s'achever de façon plus brutale. Nous avons tous les deux réaménagé le texte selon nos idées. Voir la version de Séb.

Et donc, voici juste en-dessous ma version. Il est question d'homme à onze doigts et de parapluies. C'est la première fois que je m'essaye à ce style. N'hésitez pas à m'envoyer vos critiques. Bonne lecture :)

La salle était pleine à craquer ; les réservations étaient complètes depuis plusieurs mois. La nature n’avait pas seulement doté Arthur Wilberg d’un onzième doigt, mais également d’un talent exceptionnel. Ce soir, il reprenait des sonates de Mozart et des fugues de Bach, qu’il avait réadaptées pour tenir compte de sa capacité physique exceptionnelle. Arthur comptait éblouir une fois de plus la salle de sa magie. Il aimait cette sensation toute puissante où il était acteur et spectateur. Il s’emparait littéralement de son public pour le faire sien, le porter vers d’autres cieux. Lorsqu’il jouait, l’univers entier se déformait pour se magnifier. Seulement aujourd’hui était un jour particulier. Rien ne serait plus comme avant. Il entra sur scène et fit un salut poli au public. Puis il déposa cérémonieusement son parapluie contre le piano, s'assit et joua. Des souvenirs s'emparèrent de lui pendant qu'il agitait les doigts.

C'était l'été, il pleuvait des cordes ce jour là. Il marchait dans la rue, bien abrité sous l'horrible parapluie rose que sa mère lui avait offert un peu avant de s'en aller. Elle avait perdu la tête sur la fin et, comme quand il était petit, elle lui avait donné un cadeau pour son anniversaire. Un parapluie rose. A l'époque, il s'était efforcé de sourire et l'avait mis de côté. Mais depuis qu'elle était partie, il l'avait ressorti, subissant avec indifférence les regards moqueurs des passants. C'était sa façon de penser à elle.

Lorsqu'il vit cette fille au sourire d'ange, le visage ruisselant d'eau, il lui proposa galamment de partager son parapluie. Elle refusa en lui adressant néanmoins un grand sourire. Un peu vexé il commenca à reprendre son chemin quand elle déclara qu'elle préférerait qu'il lui offre un café. Contrairement à lui, qui se considérait comme trop sérieux, trop comme il faut, Lucile était très naturelle, elle semblait la vie même. Comme un torrent impétueux, elle suivait son propre chemin selon ses désirs du moment. Et il semblait qu'elle l'avait choisi lui. Lucile ne correspondait pas au canon de l'époque ; petite brune un peu boulotte, ses lèvres pulpeuses dessinaient une bouche légèrement trop grande. Cependant, l'éclat de vie qui brillait en permanence dans ses yeux noisette et cette vitalité qui émanait d'elle s'harmonisaient parfaitement avec son physique de gourmande. Elle l'avait tout de suite conquis. Ils étaient restés deux heures au DK, un petit café français, à discuter en riant. Elle avait refusé le parapluie non parce qu'il était horrible - et elle avait éclaté de rire en déclarant qu'il avait l'air vraiment ridicule avec ça - mais parce que marcher sous la pluie lui apportait une sensation de paix et de bien-être.

Et puis soudain, comme ça, alors qu'il ne savait plus s'il devait ou non aller plus loin avec elle, Lucile était partie. Spontanée, fugace, comme un coup de vent dans son existence. Il était resté plusieurs minutes attablé au café, sous le regard amusé des autres clients, puis il était parti.

Deux jours plus tard, Arthur jouait au piano-bar le Blue Notes, une version jazzy de "singing in the rain". Alors qu'il attaquait le deuxième couplet, une voix se fit entendre. Sa voix. Une voix entraînante et délicieusement feutrée. Elle s'approcha de lui en chantant, et l'ensorcellement eut lieu. Les doigts d'Arthur se mirent à s'animer de plus en plus vite. Sous ses doigts envoûtés, une nouvelle version de la chanson était en train de naître, répondant aux onomatopées que lui proposait Lucile. Sans avoir jamais répété ensemble, ils étaient pourtant parfaitement en rythme. Les clients du bar, d'abord stupéfaits, les encourageaient à présent à aller plus loin, plus loin dans l'osmose et dans l'ivresse de la musique.

Elle avait surgi, du fond la salle et était venue naturellement sur scène, s'appuyer doucement contre le piano. Très vite, malgré l'intérêt manifeste des spectateurs qui sifflaient avec enthousiasme, le public s'estompa devant eux. Ils étaient seuls. Plus rien d'autre ne comptait. La scène ne dû pas durer plus de quelques minutes, mais c'est comme s'ils avaient discuté tous les deux pendant des heures. Ils étaient en parfaite harmonie, les mots étaient devenus inutiles. Sous les acclamations sympathiques de leur petit public, ils saluèrent et descendirent prendre un verre. Le patron du bar vint les voir. Il désirait qu'ils reviennent jouer en duo le lendemain. Arthur disposait déjà d'une certaine renommée et ce piano-bar n'était pas bien grand. Néanmoins il avait envie de renouveler l'expérience. Lucile répondit qu'elle était occupée le lendemain. Et elle éluda toute tentative de remettre cela à un autre jour. Arthur lui donna sa carte en lui proposant de se produire avec lui, de travailler ensemble. Cela sembla lui faire plaisir mais quelque chose semblait la bloquer. Soudain elle s'excusa, prétextant aller se repoudrer le nez, et disparut une fois de plus sans explication.

Arthur rentra chez lui, une nouvelle fois seul. Il ouvrit la porte de son appartement, jeta son manteau, et aperçu son piano au milieu du salon. Bien qu'il ait passé la soirée à jouer, il fut attiré par l'instrument. Dans la pénombre, il l'ouvrit, et commença à rejouer les mêmes notes. Et puis, soudain, il entendit sa voix surgir de sa mémoire. Le miracle eut lieu une nouvelle fois quand ses doigts retrouvèrent les mêmes accords et la même mélodie. Cette fusion marqua à jamais l'esprit d'Arthur ; Lucile était devenue sa muse.

Le lendemain, il n'arrivait déjà plus à travailler, elle l'obsédait, il avait besoin de sa présence. Elle n'avait pas voulu lui donner son numéro de téléphone, prétextant préférer la magie de la rencontre fortuite. Mais à ce moment là il pensait avoir le temps de lui faire changer d'avis. Est-ce que ça avait été une manière de l'éconduire ? Ou bien se fuyait-elle elle-même ? A moins que ce ne soit une mise à l'épreuve, le défiait-elle de retrouver sa piste ? Il retourna au bar de la veille et mena son enquête. Lucile venait apparemment là de temps en temps, mais de façon très irrégulière. Elle n'avait jamais chanté ici auparavant. Il ne pouvait se contenter de l'attendre placidement. Cette fille avait beaucoup de talent, ce devait être une professionnelle. Il se rendit dans d'autres piano-bars, mais il n'avait aucune photo d'elle, juste son prénom. Et cela ne le menait nulle part. La nuit commençait à tomber. Découragé et nostalgique, il se dirigea au DK et s'assit à la même table. Il fut à peine surpris quand elle vint s'asseoir à côté de lui en souriant, comme sortant d'un rêve. Elle habitait à deux pas d'ici. Ils parlèrent moins mais leurs regards en disaient long. Au bout d'un moment, ils se dirigèrent chez elle. Il ne fut pas étonné de voir son petit appartement truffé de références au jazz. Un vieux phonographe trônait dans le salon, avec ça et là en désordre des vinyls de Bill Coleman et de Billy Eckstine. Un peu partout sur les murs, des photos et posters de joueurs et chanteurs qu'il ne reconnaissait pas tous. Un vieux saxophone était pendu au mur ; il avait appartenu à Roland Alexander, selon elle. Lucile mit un 33 tours de Ray Charles et enlaça Arthur lassivement. Puis, féline, elle l'attira sur son lit. Arthur n'avait jamais ressenti un tel désir. Ils s'aimèrent toute la nuit, alternant exquise volupté et douce violence.

Ils passèrent la semaine qui suivit à travailler avec allégresse ensemble. Il ne lui avait pas reparlé de contrat. Elle était effectivement une professionnelle, mais ne voulait plus monter sur scène. Elle avait emménagé depuis deux mois ici, à la Nouvelle-Orléans, car elle rêvait de mieux connaître cette ville, véritable berceau du jazz. Même si Arthur était davantage versé dans la musique classique, ils formaient un duo formidable. Dans la voix de Lucile, vibrait une étonnante et émouvante tristesse tranquille, si particulière au jazz. Il avait essayé de la convaincre de remonter sur scène en arguant que c'était un crime de garder sa voix pour elle. Quand il s'étonna qu'elle ne soit pas davantage connu, elle lui répondit en souriant tristement qu'elle ne chantait pas comme ça avant d'arriver à Boston.

Au bout d'un mois, il la demanda en mariage. Il fut très surpris de sa réaction. Elle s'effondra en larmes en disant que c'était impossible. Elle lui cachait quelque chose et il le savait depuis le début. Il la prit dans ses bras, attendit qu'elle se calme et l'écouta. Le monde s'effondra. Un cancer généralisé. Les larmes aux yeux et le coeur serré, il avait réitéré sa demande en mariage. Elle avait accepté. Une semaine plus tard, il étaient mariés. C'était une petite cérémonie privée mais qui s'était avérée très solennelle.

Ils avaient de l'argent de côté et il avait décidé de profiter du temps qu'il leur restait. Naturellement, il ne l'avait pas annoncé comme ça. Il lui avait déclaré avoir besoin de prendre une année sabbatique. Mais elle ne l'avait pas entendu de cette oreille. Ce qu'elle voulait, c'est qu'il joue. Qu'il exploite au maximum son talent. La musique faisait partie de leur amour. Alors elle le poussa à s'entraîner, à travailler, mais surtout à se consacrer enfin à son projet : adapter des morceaux de musique classique pour son onzième doigt. Il s'était plié à sa volonté, mais quelque chose avait changé en lui depuis qu'il avait rencontré Lucile. La musique classique l'intéressait beaucoup moins. C'était le jazz qui le facinait à présent. Mais il mena cependant son projet jusqu'au bout, avec talent. Son succès fût la juste récompense de son travail. Il donnait des concerts un peu partout en Amérique. Il avait même eu des propositions en Europe. Ce qui n'était pas pour déplaire à Lucile, qui le suivait dans tous ses voyages. Elle avait arrêté de voir des médecins juste avant de déménager à Boston. Ils lui avaient laissé entrevoir qu'elle avait peut-être une chance de s'en sortir, mais elle préférait vivre pleinement le restant de sa vie que de risquer de le passer à l'hôpital. Arthur n'avait même pas essayé d'en discuter, il savait que c'était inutile. Carpe diem. Cependant, Lucile s'affaiblissait de jour en jour, il le voyait bien, même si elle ne se plaignait jamais.

Et aujourd'hui il jouait à Paris. Deux semaines avant, c'était son anniversaire. Elle y avait pensé. Son cadeau avait une forme oblongue. Il avait déchiré le papier pour découvrir... un joli parapluie blanc rayé d'une partition de musique. Leur chanson, celle qu'ils avaient réinterprétés ensemble au Blue Notes. Il l'avait regardée et quelque chose de très fort était passé entre eux. Il avait souri. Parfois les mots dénaturent tout.

Deux jours plus tard, Lucile s'était éteinte. Il avait beau s'y être inconsciemment préparé, depuis tous ces mois où il la voyait dépérir, il n'en éprouvait pas moins un énorme vide. Il se sentait comme amputé de la moitié de lui-même. Elle n'avait formulé aucun voeu. Elle ne voulait pas l'enchaîner. Mais il savait qu'elle aurait voulu qu'il joue le lendemain. Au début du concert il avait cru en être capable.

Brusquement, Arthur s'arrêta de jouer. Dans une même mesure. Entre deux notes. Sur un silence. Il pensait à elle. Il savait qu'elle resterait dans sa tête toute sa vie. Et elle était le jazz. Les mélodies classiques ne chantaient plus dans sa tête. Bach et Mozart lui semblaient des étrangers. Même le clavier du piano n'avait plus aucun sens. D'ailleurs, il ne le supportait plus. Il rabattit le couvercle et regarda la salle. Et il perçut le silence. Le silence des spectateurs, abasourdis, retenant leur souffle en cherchant à comprendre. Le silence obscur qui rythmerait à présent sa vie sans elle.

Il se leva, reprit son parapluie, puis, sans saluer, quitta la scène.

Par Gebus - Publié dans : Nouvelle
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Samedi 20 janvier 2007 6 20 /01 /Jan /2007 09:21

Vous aimez jouer au démineur, mais vous êtes blasés par tous ces automatismes ?


Vous appréciez les casse-têtes ?


Ce jeu est pour vous !!!


Avantages :

 * des nouveaux automatismes, plus complexes et plus variés à adopter

 * il est quasiment impossible d'être coincé

 * moins de hasard : le jeu débute en dégrossissant toutes les cases qui ne touchent aucune mine

 * GRATUIT


Attention, bonnes perspectives spatiales recommandées... ;-)



Déroulement du jeu :

 

Il faut tout d'abord cliquer sur le bouton "sonar", qui repère toutes les zones qui ne touchent aucune mine.

La représentation  3D se fait par tranches : chaque carré représente un étage (sur l'image est représenté un cube de 4 cases de côté).

Il existe 3 niveaux de difficultés et le cube peut être paramétré pour avoir un côté de 3 à 9 cases. Cependant, ce jeu me semble optimal en jouabilité pour un cube de dimension 4.

Ne vous laissez pas dérouter par la difficulté du jeu : commencez par un cube de dimension 3 ou bien mettez le niveau en facile. Au bout d'une dizaine de parties, on s'habitue et le jeu devient réellement plaisant.

Note :

Il s'agit de la version 1.0. Elle est fonctionnelle mais pas totalement  terminée. Des bugs peuvent subsister, n'hésitez pas à m'en faire part.


Il s'agit de mon deuxième jeu, fait en 2002, toujours en Delphi. Cette fois c'était un projet personnel. Je me suis demandé ce que ça rendrait de faire un démineur en trois dimensions. Serait-ce jouable ?
J'étais assez excité car je n'avais jamais entendu parler d'une tentative de ce genre.

On me demande souvent pourquoi je n'ai pas fait un affichage en 3D. La réponse est simple : c'était plus facile ! Non, plus sérieusement, cela diminuerait paradoxalement la jouabilité en réduisant la visibilité ; il faudrait se déplacer dans le cube et croyez-en mon expérience, on ne pourrait pas déduire autant de choses qu'en mode par tranche.
Par contre, ce que j'envisage de faire, pour soulager l'effort de représentation spatiale, c'est d'afficher un curseur cubique autour du pointeur de la souris, de manière à ce qu'on puisse visualiser directement toutes les cases qui entourent la case pointée. Quand je dis curseur cubique, j'entends représenter une zone de surbrillance de 3x3 cases sur 3 grilles : celle de la case pointée, celle juste au-dessus et celle juste en-dessous.


Par Gebus - Publié dans : Jeu
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Dimanche 14 janvier 2007 7 14 /01 /Jan /2007 20:41

Voici ma première nouvelle. Je l'avais écrite il y a deux ans et je l'ai revue et corrigée il y a peu. L'histoire se passe dans les années 30, en Guyane...


 

Enfin libre. Il était très tôt, le soleil ne se lèverait pas avant trois ou quatre heures. La nuit en Guyane française était tiède mais humide. Essoufflé et sentant encore la peur lui nouer le ventre, Alain Tourel n’entendait que son cœur, qui battait lourdement dans ses tempes. A priori, l’alerte n’avait pas encore été donnée, le bagne de Saint-Laurent du Maroni devait être à cinq cent mètres derrière lui. Malgré ses pieds nus, il avait couru pour mettre de la distance entre lui et cet endroit cauchemardesque. Mais à présent il avait mal aux pieds et il s’était écorché le mollet en traversant des ronces. Fuir. S’éloigner le plus possible avant qu’ils ne se mettent à sa recherche.

Il n’avait pourtant pas commis un crime capital. Cent ans auparavant, il aurait même pu le clamer sur tous les toits. Les safaris étaient même renommés. Se battre seul face à des animaux féroces, c’était sa passion. Ensuite, il les ramenait en France, après les avoir empaillés. Naturellement c’était interdit, mais il avait une combine avec un armateur de Nantes. La Guyane étant un département d’outre-mer, les navires provenant de cette destination étaient moins surveillés. Pour compléter son activité, il chassait également des espèces inoffensives, comme des iguanes verts, ou des singes. Mais ce dont ses clients étaient le plus friands, c’était la panthère noire. Quoi de plus impressionnant à mettre dans un salon que ce superbe animal, naturalisé dans une posture de chasse, prêt à vous bondir dessus. Seulement, le bouche à oreille n’avait pas que du bon.

Il se rappelait parfaitement de sa dernière chasse, qui s’était déroulée deux ans auparavant. Comment l’oublier ? C’était le jour de son incarcération, le 30 juin 1931. Il avait relevé sur le sol les traces d’une énorme panthère. Après deux heures de pistage, il avait ressentit brusquement une impression de danger imminent. Soudain, dans un arbre il l’avait aperçue. Elle était là, tapie, à l’observer, menaçante, immobile. Une sorte de magie s’étaient installée entre l’homme et l’animal. Pas tout à fait une complicité, mais un lien étrange.

Alain se rappelait s’être fait à ce moment la remarque qu’à une autre époque, il aurait peut-être considéré cette expérience comme l’empreinte, ce moment où un indien s’aventurait seul dans une forêt à la recherche de son animal totem. La bête sauvage s’était contentée de l’observer. Il ne savait si ce moment avait duré dix secondes ou dix minutes, mais au bout d’un moment il avait senti que le magnifique animal allait se fondre dans la jungle et qu’il n’allait plus jamais le revoir. Il n’avait pas pu laisser passer cette occasion ; c’était le plus beau spécimen qu’il avait jamais vu.

Lentement, sous le regard émeraude, presque hypnotique, de la panthère, il avait saisi son fusil, accroché en bandoulière. Lentement, il avait épaulé. Avec professionnalisme, il avait calmement retenu sa respiration et visé le cœur ; il ne fallait surtout pas endommager la magnifique fourrure. L’étrange lien entre l’animal et lui persistant, il avait eu l’impression d’être en train de trahir l’animal. Au même moment, il avait entendu une voix crier : « Arrêtez ! ! ! ». La panthère s’était relevée, s’apprêtant à bondir de l’arbre pour s’enfuir. Cependant, il avait tiré.

Il se souviendrait de cet étrange moment toute sa vie. Non pas à cause de son arrestation, mais de la magie du moment. Un homme était arrivé en courant, pointant son fusil sur lui. Il n’avait pas écouté ce qu’il lui avait dit. Il avait lâché son fusil en regardant avec tristesse et admiration la bête blessée à mort tomber avec grâce à terre, dans un taillis, en un bruit sourd. Sur le moment il avait pensé qu’il avait été vraiment dommage de l’avoir tuée car il ne pourrait jamais la montrer à quiconque.

Cependant, par la suite, en y songeant davantage, il avait fini par ressentir une sorte de fierté, empreinte de respect. Il repensa à Charles Dickens. Tout bien considéré, il avait bien fait. S’il ne l’avait pas tuée, elle aurait été son Moby Dick à lui. Il n’aurait eu de cesse de la chasser à travers toute l’Amérique du Sud s’il l’avait fallu. Pourtant, il avait parallèlement l’impression de s’être volé la victoire à lui-même. Les panthères noires ont des territoires de chasse, mais il sentait que celle-ci était particulière, qu’il aurait fallut qu’il la traque pendant des mois. Elle lui avait lancé un défi et il avait triché.

Il commençait à s’essouffler sérieusement. Les travaux forcés ne lui avaient pas été très profitables. Il avait maigri et perdu de sa vitalité. La veille, il avait aidé à décharger deux navires. Il ne savait même pas ce qu’ils contenaient, mais les caisses de bois étaient lourdes et mal taillées. Il ne comptait plus les échardes qu’il s’était faites en les transportant.

Il se sentit soudain mal à l’aise, il avait l’impression que quelqu’un ou quelque chose l’observait, le suivait. Il s’arrêta un moment. Pas un bruit hormis le bruit de sa respiration et son cœur qui tambourinait dans sa tête. Il se remit à marcher d’un pas soutenu, attentif. Il finit par reprendre le fil de ses pensées.

A force de faire ce commerce prohibé, il avait été dénoncé. Le jour de sa rencontre avec le fabuleux animal, un garde-chasse l’avait suivi pour le prendre en flagrant délit. Il avait été jugé et condamné à Saint-Laurent du Maroni même, à cinq ans de bagne. Seul le garde forestier avait été porté contre lui ; le mystérieux dénonciateur d’outre-atlantique ne s’était pas fait connaître mais il avait envoyé un dossier plutôt étoffé à l’accusation. Apprenant la sentence, Alain avait été abasourdi. Pas le bagne ! Il désirait être incarcéré en métropole. Mais toutes sortes de gens étaient envoyés au bagne, en Guyane : des condamnés de droit commun et des politiques. Ces derniers étaient internés à Cayenne ou sur l’île du diable. Les autres partaient pour Saint-Laurent du Maroni ou pouvaient être envoyés vers les îles du Salut, ou les camps forestiers comme Charvein pour les plus mal notés. Lui, il présentait la particularité commode d’être déjà sur place…

Il avait pu constater par la suite que les conditions de vie étaient épouvantables, tant pour les gardiens que les bagnards. La maladie décimait la population locale, mais ce n’était pas tout. Une impression de pourrissement, de découragement, d’ennui total régnait sur cette région. Il connaissait à présent de réputation les différents bagnes et estimait s’en être tout de même bien tiré.

Il entendit un bruit, sur le chemin, derrière lui. Peut-être un autre fuyard en cavale. Les gardiens étant peu nombreux et plutôt faciles à corrompre, la tentative d’évasion était très fréquentes chez les bagnards, même si elle était officieusement souvent punie de mort. Comme Saint-Laurent du Maroni n’était pas loin de la frontière, c’était vers le Surinam que se dirigeaient les fuyards.

Ne voulant pas approfondir davantage la question, il sortit du sentier pour s’enfoncer plus profondément dans la jungle. La lune était presque pleine, mais elle ne parvenait pas à s’engouffrer efficacement à travers l’épais manteau d’arbres. Il avait peur de mettre le pied sur un serpent. Il n’aimait pas ces bestioles. Mais n’ayant pas vraiment le choix, il continua de progresser dans la jungle en essayant de longer le sentier qui se dirigeait vers la frontière. Il songea avec un sourire que ce chemin avait dû être formé par les nombreux bagnards qui s’évadaient.

Pour augmenter leurs chances de survie, les bagnards s’enfuyaient généralement à plusieurs. Mais il avait toujours été solitaire et il pensait qu’un homme seul avait moins de chance de se faire repérer. Il allait devoir changer de nationalité. Il ne comptait pas rester dans le Surinam, il ne connaissait pas un mot de néerlandais. Il essaierait par la suite de se rendre au Brésil, en prenant par le Sud. Il connaissait un peu le Portugais et il avait quelques relations par là.

Il aurait préféré purger sa peine et s’installer une fois pour toute en France. Mais les conditions de vie étaient exécrables et on lui avait apprit qu’outre les trois ans qui lui restaient, il devrait encore effectuer le « doublage ». Il s’agissait de l’obligation pour tous les bagnards de passer un temps identique à leur condamnation sur le sol guyanais après avoir purgé leur peine. De plus, les malheureux qui en avaient pris pour plus de huit ans étaient condamnés à passer le restant de leur vie dans ce pays maudit. Le gouvernement accordait souvent des concessions agricoles à ceux qui sortaient vivants du bagne pour effectuer le doublage. Cependant il n’avait aucune envie de continuer à vivre dans ce bourbier.

Il avait la furieuse impression que quelqu’un ou quelque chose l’avait pris en chasse. Ce ne devait être que son angoisse d’être repris... Cependant il sentait de plus en plus la peur le tenailler, irrationnellement. Depuis le temps que ses chaussures étaient parties en charpie, il avait pris l’habitude de marcher pied nu et une épaisse corne recouvrait la plante de ses pieds. Pris d’une impulsion subite, il se mit à courir en direction du sentier. Tant pis si on le reprenait ! Il commençait même à se demander s’il ne serait pas soulagé de tomber sur un improbable gardien parti à sa recherche.

Il ne pouvait pas aller très vite, il devait éviter la végétation traîtresse. Il n’osait songer à la faune. Chasseur accompli, il avait l’impression furieuse d’être passé de l’autre côté de la barrière. Il crut entendre un grondement à sa droite. Il bifurqua aussitôt à gauche et accéléra encore l’allure. Le sentier, il devait absolument trouver le sentier. Il ne devait pas en être loin, mais ce son l’avait rabattu de l’autre côté. Il décida de faire un large arc de cercle. Mais son corps ne suivait plus. Il avait les mollets en feu, la respiration sifflante mais surtout, un point de côté l’empêchait de continuer. Il devait reprendre son souffle. Il s’arrêta, pantelant, dans une petite clairière. Il trouva une branche morte et s’improvisa un gourdin. Il tendit l’oreille mais il n’entendit rien d’autre que sa maudite respiration et son cœur qui battait la chamade.

Soudain il la vit, dévoilée par la lune. Comme dans un rêve, elle se tenait calmement tapie sur la branche d’un arbre, non loin de lui. Il retint un cri de surprise. C’était l’animal qu’il avait abattu, il en aurait juré. La bête était magnifique de grâce. Il ne la voyait pas assez bien pour distinguer si elle portait bien une marque de balle. C’était impossible, mais ce devait être la même ! Il ne savait pas combien de temps il était resté là, figé à regarder l’extraordinaire animal, quand celui-ci se releva. Il ressentait la même magie qui avait opéré lors de leur dernière rencontre. Quelque chose bascula, changea soudain en lui. Ils étaient frères. Et lui, il lui avait tiré dessus. Il lâcha son gourdin, ses yeux embués de larmes. Il n’avait plus peur. Calmement, la panthère noire se détourna, dédaigneuse. Elle allait partir, en le laissant diminué, renié.

Jamais plus il ne pourrait chasser, il n’en était pas digne. Magnifique, elle le regarda une dernière fois, de ses profonds yeux d’émeraude. Puis d’un bond puissant et sûr, elle se jeta de tout son poids sur lui en poussant un feulement terrible.

Par Gebus - Publié dans : Nouvelle
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